[refusée, aucune nouvelle] Hyoren, de Fondcombe.

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[refusée, aucune nouvelle] Hyoren, de Fondcombe.

Message par Hyoren le Jeu 15 Sep - 2:22




    Hyoren Menerion


    La nuit s'était écoulée dans le paisible silence qu'offrait Fondcombe à ses habitants. Hyoren avait décidé d'attendre l'aube avant de prendre la route. Habituellement le contraire la charmait davantage, les étoiles la guidaient et l'obscurité rendait son voyage plus que solitaire. Mais cette fois-ci elle s'apprêtait à partir pour une période bien plus longue, un chemin qui lui semblera certainement infini. Les heures qui lui restaient à passer sur ses terres étaient précieuses. Elle s'était alors installée sur le banc de sa terrasse, et entreprit la lecture d'un journal qui la fit voyager vers une autre époque. Il s'agissait d'un des journaux de son père, ce dernier y avait noirci les pages jusqu'à son dernier jour à Fondcombe. Aujourd'hui, lui et son épouse ont quittés les terres natales par voie marine afin de trouver le repos éternel. Hyoren était leur unique enfant, elle avait presque tout hérité de son père, ses cheveux foncés, à la limite du noir de jais, la couleur de ses yeux, un délicieux mélange de bleu et de gris, et son attrait obsessionnel pour la nature, la volonté, la loyauté, afin de quérir une infinie sagesse. Sa mère, lui avait légué une peau extrêmement pâle. C'est l'unique trait physique qu'elles avaient en commun. En ce qui concernait Eärwen, contrairement à sa fille et son époux, sa chevelure était blanche, pareille à celle d'un ange, une chevelure toujours ornée d'entrelacs bleus qui soulignaient son regard. Elle parlait peu, d'un naturel discret et humble. Son époux l'observait souvent avec profondeur, de la même façon que l'on regarde un maître dont le savoir et la sagesse semblent défier ceux des dieux. Hyoren s'était nourrie de leur amour, de leur silencieuse compagnie, elle les avait admiré durant des décennies et avait fini par les connaître mieux que personne. Sûrement mieux que eux-mêmes. Sa mère portait en elle une nostalgie absolue, une nostalgie muette. Jamais elle ne s'était plainte du manque énorme qu'avait créé son départ de la Forêt Noire, mais il suffisait de croiser son regard et de ne pas être naïf pour apercevoir une lourde peine, une peine qu'elle avait rendue légère en fondant sa famille, et surtout en acceptant. Son père, lui, avait laissé jaillir en lui une nostalgie différente, un sentiment de révolte. L'amertume ne faisait aucunement part de son caractère, mais la peur pour l'avenir des Elfes, le sentiment de trahison des hommes envers la nature, la naissance des guerres, du mal, l'avaient réduit à une colère qui bloquait toute évolution. Une colère qui ne parvient que rarement à toucher cette race. Le père de Hyoren, Galeth, était un être profondément déçu. Des autres, et de lui-même.

    La fin de journée approche, au loin des édifices apparaissent déjà, se dressant vers le ciel avec grâce. La jeune femme reconnu l'architecture elfique, elle sera bientôt arrivée à destination. Elle avait songé à ses parents tout le long du trajet, ce qui semblait avoir grandement accéléré l'écoulement des heures.

    Les rues de Falathlorn se présentaient à la lenteur de ses pas, son cheval Elendil la suivait. Hyoren tenait entre ses doigts une lettre qu'elle avait écrite la veille. Elle avait, au préalable, composé une dizaine d'écrits différents avant de s'arrêter sur celui-là, bien que très simple, il traduisait ses souhaits et c'était là l'essentiel. Quelques minutes passèrent, la jeune elfe se retrouva au pied d'une immense porte, elle demanda à son cheval de rester où il était d'un léger signe de tête, puis entra. A l'intérieur, la tranquillité ne manquait pas, quelques elfes discutaient entre eux, quelques pupitres étaient installés sur les côtés, au fond à droite se trouvait un escalier qui menait probablement au lieu de travail d'un gérant. Ses yeux se posèrent sur l'une des boîtes aux lettres légèrement dorées, elle s'en approcha. Avant de la poster, elle déplia une nouvelle fois sa missive et lu ses propres mots, l'effet que produira cette lettre changera sûrement le cours de sa vie, et c'est ce qu'elle était venue chercher. Du changement, une aventure. Un espoir.



      Amis, Émissaires d'Imladris,

      La Terre du Milieu souffre de maux dont elle ne guérira que difficilement. Des trous sont percés sur ses plaines, du sang se répand sur son dos. Ses oreilles se fatiguent à entendre les combats de ces acharnés. La violence a atteint un niveau tel que la paix ne peut revenir aussi rapidement qu'il le fût autrefois. La peur désagrège les corps, persécute les esprits. La nature nous rend un sourire navré, elle partage notre nostalgie. Le vent me porte chaque jour de nouvelles odeurs, les effluves qu'il m'offrait il y a quelques années se sont mués en relents de pourriture. La mort nous engloutit.
      Des échos m'ont soufflé à l'oreille qu'il existait, quelque part vers l'Ered Luin, une confrérie déterminée à lutter contre les ténèbres. Derrière ses échos, se murmure un espoir, car tout combat est signe d'espérance. Je vous envoie cette missive pour vous proposer ma participation au combat contre cette Ombre si gourmande du Mal. C'est ainsi, l'âme nue, que je me présente. Mon nom est Hyoren Menerion, je suis native de Fondcombe et les origines de ma mère me lient de près à la Forêt Noire. J'ai grandi dans la ferveur, la loyauté, les convictions de mon père et dans la sagesse, le calme, la douceur de ma mère. L'amour de ces deux êtres a créé en moi un équilibre immuable. Un équilibre que je suis prête à utiliser pour vous servir. Toute ma vigueur, et ma volonté se dressent dans ce combat. Ma foi est immense, mais elle ne peut se rendre utile qu'auprès d'autres combattants .
      Ceci n'est qu'une ébauche de ma présentation, de ma motivation, et de mes souhaits. Cependant je préférai de loin me présenter à vous en face à face car je crois beaucoup en l'expression du regard, ce dernier appuierait mes propos. Pour une dernière précision, je suis promise à un homme répondant au nom d'Hylanor Havrecygne, il s'est joint au combat dans les régions les plus dangereuses. Il avait pour habitude d'énoncer sa propre citation, lorsqu'un doute s'installait : « La vie est-elle plus forte que la mort ? Nul ne le sait...mais il est certain que l'amour est plus fort que les deux. » . Et je suis ses propos, j'ai beaucoup d'amour pour nos terres, pour notre race, et pour la paix. Alors je me battrai jusqu'à la fin.

      Hyoren



    Sa lecture terminée, la jeune elfe replia la lettre et la posta. Elle savait déjà qu'elle reviendrait le lendemain pour se présenter, cette fois-ci, en chair et en os. Pour l'heure, d'autres feuilles blanches attendaient d'être noircies.



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Re: [refusée, aucune nouvelle] Hyoren, de Fondcombe.

Message par Laegwing le Jeu 15 Sep - 17:52

Le doux claquement de sabots résonnait sur les pavés du quartier ; un cheval de haute taille, à la robe d'un noir brumeux, descendait lentement la longue pente qui menait à un vallon où quelques édifices se dressaient, au bord du fleuve Lhûn. Sur son dos était juchée une Elfe toute de vert vêtue, la tête ceinte d'un serre-tête d'argent pourvu d'ailes dressées vers le ciel.

La monture et sa cavalière s'arrêtèrent devant une grande et somptueuse bâtisse, dont le jardin n'était pas moins beau à voir. L'Elfe mit pied à terre, et son cheval se roula dans l'herbe avec délice pour chasser la sueur de sa chevauchée.


- "Bonsoir, Laegwing !" La salua un Elfe du quartier s'attardant sur le ponton.


Après l'avoir salué en retour, elle pénétra le jardin de la grande demeure et s'arrêta devant la boîte aux lettres dorée. Elle en prit son contenu, sortit de la poche de sa cape un trousseau de clefs ouvragées et ouvrit les portes de l'édifice.

Il n'y avait guère de monde à l'intérieur. Après avoir déposé tout son arsenal au râtelier de l'entrée, elle suivit un long corridor menant à une salle aux dimensions incroyables, à l'intérieur de laquelle elle s'arrêta devant une grande table encore pourvue de boissons et de mets froids. Elle y déposa tout son courrier et se servit une coupe de son péché mignon : le vin de cerise.

Ce n'est qu'après en avoir bu une, deux ou peut-être trois coupes, qu'elle daignât enfin ouvrir le courrier et le lire avec plus ou moins de bonne volonté. Une lettre soigneusement rédigée attira son attention. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres à la fin de sa lecture, et elle prit le reste du courrier pour se diriger vers la bibliothèque - lieu plus approprié pour traiter des lettres qu'une table de banquet, non sans avoir repris une dernière coupe de vin de cerise au passage.


Elle ne pouvait répondre à la lettre précédemment lue, ignorant où Hyoren se trouvait ; et elle ne voulait pas fatiguer outre-mesure Ithil, le faucon-messager, avec une recherche qui lui serait difficile. Mais elle savait au fond d'elle qu'elle rencontrerait bientôt cette Elfe.
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